Quel est le déroulement d’un accouchement ?

Par Armelle Fruchard | Mise à jour le 24 février 2024

On réduit souvent l’accouchement au nombre d’heures. Pourtant la naissance est une succession de phases qui se déroulent les unes après les autres. Elles ont tendance à suivre un processus d’accélération : chacune des phases est plus courte que la précédente. Connaître en amont le déroulé des différentes étapes de l’accouchement permet de s’y préparer et de comprendre que le corps a tout prévu. Alors, quelles sont les étapes d’un accouchement ? 

Quelles sont les 5 étapes de l’accouchement ? 

Chaque accouchement est singulier mais respecte une même chronologie. En revanche, la durée et le ressenti de chacune des phases diffèrent selon les femmes ce qui rend chaque accouchement unique.  

Généralement, on résume l’accouchement à 5 grandes étapes :

  1. La phase de pré-travail
  2. La phase de travail actif
  3. La phase de quiétude
  4. La phase d’expulsion
  5. La délivrance

Étape 1 : le pré-travail

C’est le temps des premières contractions. Sur le plan physique, cette phase correspond à l’effacement progressif du col.

Il arrive que cette phase de pré-travail commence puis s’arrête sans que le « vrai » travail ne débute. Certaines femmes vont connaître plusieurs jours voire semaines de pré-travail.

On entend parfois parler de « faux-travail » ce qui est incorrect. Il n’y a pas de « faux-travail » comme il n’y a pas de « fausses contractions ». Cependant, il se peut que le col travaille sans pour autant que votre bébé soit prêt à sortir. Pour cette raison, on conseille aux femmes de ne pas s’arrêter de vivre et surtout, de ne pas se précipiter à la maternité. Ces phases de pré-travail qui commencent puis s’arrêtent sont courantes. Les femmes sont souvent déçues ou découragées lorsque ces phases arrivent sans déclencher l’accouchement alors que cela fait parti du processus naturel de la naissance. C’est un cas de figure très fréquent auquel il faut être préparé !

Le test du bain chaud est généralement efficace : si les contractions s’arrêtent au contact de l’eau, c’est que la naissance n’est probablement pas pour aujourd’hui. Si elles continuent, il se peut que votre bébé pointe bientôt le bout de son nez !

Attention : il est faux de penser que sans épisodes fréquents de « pré-travail », l’accouchement sera plus long. Certaines femmes ont besoin de préparer le col plus longtemps avant, d’autres feront tout le processus d’un coup. Cela ne conditionne en rien la durée de votre accouchement.

Caractéristiques physiquesContractions d’intensité la plus modérée. Elles sont encore assez aléatoires, peuvent s’arrêter pendant plusieurs minutes voire heures.
RôleMaturation du col et changement de nature, de l’état fermé, il s’ouvre.
DuréeVariable (entre plusieurs jours et quelques heures)
Que faire ?Continuer à vivre, rester dans son quotidien et poursuivre ses activités au maximum. Possibilité de prendre un bain chaud pour voir si les contractions perdurent. Même s’il est souvent trop tôt pour se rendre à la maternité, le plus important est de vous sentir en sécurité là où vous vous trouvez. Si vous avez peur ou que vous doutez, appelez votre sage-femme (ou votre doula) !

Étape 2 : Le travail actif

C’est le moment de l’ouverture du col. Chaque contraction permet au bébé de descendre progressivement et d’appuyer sur le col. Les contractions sont plus rapprochées mais restent moins longues que les phases de repos entre chaque.

La phase de travail actif peut durer plusieurs heures. Elle se termine lorsque le col est à dilatation complète (+/- 10 cm). À ce moment, le col a disparu, il s’est enroulé sur lui-même pour laisser place à l’ouverture. Le bébé peut descendre et effectuer sa rotation afin que sa tête et ses épaules épousent le bassin de sa mère et entre en contact avec le périnée.

Généralement, la fin du travail actif se conclut par la phase dite de « désespérance ». Cela correspond aux derniers centimètres d’ouverture du col. Les contractions s’intensifient et le temps de répit se réduit. On observe généralement un temps pour temps : 1 minute de repos pour 1 minute de contraction. Cette dernière course est souvent très déstabilisante pour les femmes qui ne sont pas prévenues de son existence ! Pourtant, cela signifie surtout que la naissance est très proche. On parle de désespérance car c’est là, si près du but, que beaucoup de femmes demandent la péridurale et ont l’impression qu’elles vont mourir. Or, si cette phase est intense, elle est souvent très courte. On considère que 8 femmes sur 10 la traversent, elle est normale et ce sentiment de désespoir l’est aussi !

Caractéristiques physiquesL’intensité et le rythme sont plus soutenus. Cette fois, les contractions sont régulières.
RôleLe bébé commence sa descente, c’est la phase d’engagement du bébé. Le col se dilate jusqu’à s’ouvrir entièrement.
DuréePlusieurs heures
Que faire ?Bouger, se concentrer sur son bébé, penser au chemin qu’il est entrain de parcourir. Essayer au maximum de rester dans sa bulle et de relâcher son corps entre chaque contraction. Les sons graves et le mouvement permettent d’aider son bébé à trouver son chemin.

Étape 3 : La phase de quiétude

La phase de quiétude est encore assez méconnue. On pourrait également l’appeler la phase de calme (avant la tempête ?). Les contractions se ralentissent voire s’arrêtent. On a pu observer que la durée de cette phase de quiétude se rallongeait au fur et à mesure des accouchements. Lors d’un premier bébé, elle est souvent très courte et peut même passer inaperçue. En revanche, elle a tendance à s’allonger pour les naissances suivantes.

La magie du corps et de son mécanisme est à son apogée : la phase de quiétude offre à la maman un temps de repos pour se préparer au sprint final, au dernier effort mais surtout, à l’accueil de son bébé. Certaines mamans tombent dans un état de somnolence, d’autres s’endorment.

Caractéristiques physiquesLes contractions ralentissent voire s’arrêtent. Le col est ouvert à son maximum. Le corps se relâche complètement.
RôlePhase de transition maximale, la femme s’apprête à devenir mère et le bébé prépare sa « grande sortie ». Il refait le plein d’oxygène.
DuréeEntre quelques minutes et 2 heures
Que faire ?Rien ! On savoure ce temps précieux de repos et de temps suspendu avant la rencontre avec son bébé. L’utérus se détend, le corps se relâche.

Étude 4 : L’expulsion

Après la phase plus ou moins courte de la quiétude, le corps se réveille de nouveau. Les vagues de contractions reviennent. Cette fois, c’est le grand saut, elles sont fortes, vibrantes. Elles ont une nouvelle fonctionnalité puisqu’elles vont permettre au bébé d’initier sa sortie.

La tête de votre bébé (s’il est en position céphalique) appuie sur votre périnée et votre sacrum. Si aucun timing n’est imposé à la mère et qu’elle laisse son corps la diriger, elle va sentir une envie irrépressible de pousser. On parle de poussée réflexe car le corps pousse seul et le bébé descend.

Sans anesthésie péridurale, il est courant de sentir son bébé descendre, et parfois remonter au rythme des contractions (sensation de va-et-vient).

La poussée dirigée (le fait de pousser sans en ressentir le besoin) est épuisante pour la maman, et souvent dommageable pour son corps. De plus, cette poussée assistée oblige la maman à bloquer sa respiration et prive le bébé d’une quantité d’oxygène dont il a besoin. La souffrance foetale que l’on observe parfois est le résultat d’une maman épuisée à qui l’on demande de « bloquer-pousser-bloquer ».

Finalement, à force de pousser (ou de laisser son corps pousser), la tête du bébé s’engage. On parle du couronnement de la tête lorsqu’elle est sortie de la vulve. Bien que cela puisse être impressionnant de savoir la tête sortie seule, c’est un processus physiologique normal. Le bébé prend un temps de pause avant la dernière rotation et la sortie finale des épaules et du reste du corps. Le bébé vient de naître : il est toujours relié à vous grâce au cordon. C’est le moment de la rencontre !

Caractéristiques physiquesLe corps pousse sans pouvoir le contrôler. Sensation que son bébé fait du yoyo dans son bassin. Cercle de feu : impression de brulure.
RôleLa pression de la tête du bébé va permettre à la vulve de s’étirer afin d’épouser le passage du bébé. C’est la naissance !
DuréeMoins d’une heure
Que faire ?Lâcher-prise. Se concentrer sur une respiration continue et être dans l’ouverture.
C’est souvent le moment où toutes les peurs rejaillissent : peur de se déchirer, de devenir mère, de laisser son corps s’ouvrir, de se sentir trop animale.

Étape 5 : La délivrance

Une fois votre bébé né, il prendra ses premières respirations et poussera son premier cri. L’ocytocine est à son maximum. Si le bébé va bien, c’est le moment sacré du peau à peau. Au contact de votre corps, il sera à la température parfaite. Collé à sa maman et une couverture sur le dos, il retrouvera la chaleur dont il bénéficiait quand il était dans votre ventre.

Les contractions vont reprendre, l’utérus se contracte, stimulé par le contact avec votre bébé. Elles vont permettre au placenta d’être expulsé et de sortir de l’utérus. Parfois, il peut être nécessaire de tirer très légèrement sur le cordon pour l’aider à se décoller.

On parle de délivrance car la sortie du placenta est l’accomplissement de l’accouchement. Le personnel vérifiera qu’il soit sorti en complet (afin de ne pas risquer une hémorragie de la délivrance). Si vous avez subit une déchirure ou une épisiotomie, vous serez recousue.

Caractéristiques physiquesDe nouvelles contractions se présentent, quelques (dizaines) minutes après la naissance du bébé. Elles sont beaucoup moins fortes.
RôleLe décollement du placenta de la paroi utérine et sa naissance
DuréeQuelques minutes
Que faire ?Rien ! Profiter de son bébé, l’admirer, s’émerveiller.

Comment appréhender les différentes phases de l’accouchement ? 

La meilleure façon de se préparer à une naissance est de connaître les différentes phases qu’elle va comporter. Il est important d’être avertie que chacune des étapes qui arrive est plus courte que la précédente. Cela permet de l’appréhender avec plus de courage et de détermination.

Comprendre le déroulé de l’accouchement permet, au moment présent, de déconnecter son cerveau et de faire confiance à son corps. Il sera plus simple de vivre pleinement l’expérience du corps si vous n’êtes plus dans le mental.

Le manque de connaissance autour de l’expérience de la naissance peut rendre les femmes passives mais surtout, vulnérables durant l’accouchement. Or, ce qui se passe dans son corps permet aussi d’accepter – ou non – certaines interventions ou certaines conditions. Le problème ne réside pas dans la médicalisation de l’accouchement mais dans l’absence de choix proposée aux femmes.

Connaître la physiologie de l’accouchement permet de réaliser que tout a été prévu pour que la naissance soit autonome et harmonieuse.

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