Quels sont les bienfaits du soin rebozo ?

Par Armelle Fruchard | Mise à jour le 26 mai 2023

Le soin rebozo est issu de la tradition mexicaine. Il tient son nom du grand châle utilisé durant ce soin et popularisé par Frida Kahlo notamment. C’est un rituel particulièrement adapté à la femme ayant accouché puisqu’il offre un massage mais surtout un resserrage du bassin. En quoi consiste un soin rebozo ? Quels sont les bienfaits du massage rebozo ?

Qu’est-ce qu’un rebozo ? 

Le rebozo tient son origine du Mexique. Il s’agit d’un grand châle, tissé à la main, long de quelques mètres et large d’environ 60 cm. Au Mexique, les femmes l’utilisent comme vêtement mais il peut également décorer les espaces, protéger du soleil ou servir au portage. 

Le foulard rebozo a une signification profonde dans la culture mexicaine. Il est associé à la féminité, à la maternité, à la protection et à la transmission.  

L’écharpe rebozo permet, par sa nature, un grand enveloppement. Elle peut s’adapter à la forme du corps mais permet également d’être utilisée pour serrer. C’est le filage du rebozo qui permet cette flexibilité et cette forte résistance.

Il existe autant de rebozos que de manières de l’utiliser. Au Mexique, le rebozo est un instrument multiple, aussi bien utilisé pour se couvrir que pour transporter des choses ou se sécher. En France, on le connaît davantage pour son utilisation lors de la grossesse et du post-partum. Avant la naissance, certaines femmes l’utilisent pour envelopper leur ventre ou encore pour faire office de lianes auxquelles se suspendre durant les contractions. C’est surtout après l’accouchement qu’il est utilisé puisqu’il est l’acteur principal du fameux soin rebozo, de plus en plus pratiqué et connu en Occident.

En quoi consiste un soin rebozo ? 

Dans la tradition mexicaine, le soin rebozo est un rite de passage, réalisé pour fermer des cycles de vie. Il est particulièrement pratiqué sur les femmes ayant accouchées, trois fois entre le 8ème jour et le 40ème jour suivant l’accouchement. Au Mexique, ce 40e jour marque les relevailles, la fin du maternage exclusif. C’est un soin à la fois profond et fort, subtil et délicat.

Il y a peu d’écrits sur le rituel mexicain autour du rebozo. À l’image de nombreux savoirs ancestraux, il se transmet de femmes en femmes par la parole et la pratique. Au Mexique, c’est une tradition domestique, qui se pratique entre mères/sœurs dans la chaleur du foyer. Il est appelé “rituel de fermeture” car marque une étape de renouveau pour la femme, devenue mère.

En Occident, on parle de « soin rebozo ». Il s’est inspiré de la tradition mexicaine pour en faire une expérience hors du temps, beaucoup plus ritualisée. Le soin rebozo est à destination du corps mais aussi de l’esprit. C’est un rituel régénérateur qui peut être réalisé à de nombreuses périodes, pour traverser les étapes joyeuses ou difficiles de sa vie (puberté, changement de travail, naissance, mariage, deuil, etc). 

Quand faire un soin rebozo ? 

En Occident, le soin rebozo est le plus souvent reçu en post-partum. Pour les femmes ayant accouché, il est conseillé de le faire entre 6 semaines et 12 semaines après la naissance, au moment où l’équilibre hormonal redevient plus stable. 

Cependant, certaines femmes peuvent ressentir le besoin de le recevoir plus tard, après avoir traversé les premières semaines de la maternité. Il n’y a pas un moment idéal pour le soin rebozo, dès lors qu’une femme en ressent l’envie, le temps est bien choisi.

C’est un moment de pause et d’ouverture. On pose un regard sur ce qu’on a fait afin de mieux avancer et d’offrir à son corps un renouveau.

Quels sont les différents temps d’un rituel rebozo ? 

Le soin rebozo dure entre 2h30 et 3h et se distingue par différentes phases : 

  • temps d’accueil et d’intention. On propose à la femme de déposer une intention et d’allumer une bougie. L’idée est d’accueillir la femme avec ses fragilités et ses forces et de recevoir le regard bienveillant et chaleureux des deux femmes. On partage une tisane faite de plantes et d’épices, qu’on retrouve utilisée dans de nombreuses cultures ;
  • temps de l’emmaillotage et du massage à 4 mains. La femme est enroulée dans un peignoir ou dans une serviette chaude. Elle est massée avec de l’huile tiède (de sésame souvent). L’idée est de se relâcher, de libérer les tensions et de se laisser cajoler par 4 mains douces et bienveillantes ;
  • temps de montée en chaleur. Il peut se dérouler dans une tente à sudation, un bain chaud ou un hammam (temazcal au Mexique). L’idée est de créer un espace qui puisse rappeler le ventre maternel : humide, chaud, contenant et où les sons sont étouffés. C’est un temps de nettoyage, de libération des toxines mais aussi des émotions. Le bain de vapeur est une pratique de guérison qui date de l’Antiquité. Il participe au nettoyage du corps, au niveau physique et énergétique ;
  • temps du resserrage avec le fameux rebozo. La femme guide l’intensité du serrage selon 7 points : tête, épaules et buste, ventre, bassin, cuisse, mollets, pieds. Ensuite vient le moment du déroulement où le tissu est relâché, en remontant tous les points, des pieds à la tête. L’idée est de créer une sensation de forte énergie, un apaisement et une vitalité à la fois.

Ce soin comporte peu de moments d’échanges oraux. C’est un soin assez silencieux, parfois rythmé par quelques chants ou sons d’instruments mais très peu de paroles. L’idée est de permettre à celle qui le reçoit de connecter dans son intériorité et de savourer ce temps pour elle. 

Le rituel du rebozo est toujours pratiqué à 4 mains (c’est-à-dire par un binôme de femmes). C’est un soin très féminin, comme une sorte de cercle de femmes où chacune vient avec son histoire et crée un lien de cœur. 

Quels sont les bienfaits du soin rebozo ? 

Le rituel rebozo permet de délier les tensions, de se réapproprier son corps mais aussi de s’offrir un rituel symbolique de fermeture d’une période pour renaître.

Physiquement, le massage à 4 mains suivi du resserrage du bassin permet de ressentir les limites de son corps, de se retrouver et de se rassembler. L’idée est qu’après avoir ouvert son corps pour donner naissance, on le referme. Grâce au tissu rebozo, on vient susciter cette mémoire du corps. C’est un moment très réconfortant, et parfois déstabilisant. La chaleur a un grand rôle dans cette “guérison” du corps qui a accouché. 

Le resserrage du bassin est pratiqué dans toutes les cultures. Il y a une sorte d’universalité de cette pratique. Cela permet également de comprendre les bienfaits de l’emmaillotage. En resserrant le bassin, on vient donner un point d’appui au corps pour qu’il puisse se réorganiser.

Quand il est pratiqué sur une jeune maman, le soin rebozo lui permet de se tourner vers l’intérieur après avoir été beaucoup sollicité vers l’extérieur par la naissance. L’idée est d’inverser le sens, de plonger à l’intérieur de soi. Pour autant, ce n’est pas forcément un temps de pause et de lâcher-prise, c’est un moment d’introspection qui peut être fort. Plus qu’un soin, on peut parler de rituel. L’idée est de remercier son corps afin de se tourner vers la suite et d’entrer dans une nouvelle énergie. 

Enfin, le fait qu’il soit administré par deux femmes est très précieux. Elles permettent d’honorer ce moment, de passer cette étape dans la douceur et la bienveillance féminine. Au Mexique, il s’appelle le soin de fermeture : l’idée est de remercier son corps avec gratitude sur ce qu’il vient de se passer et lui permettre un renouveau

Où faire un massage rebozo ?

Venu du Mexique, le soin rebozo est aujourd’hui pratiqué par des sage-femmes françaises mais aussi des doulas ou encore des femmes formées à la pratique. Il existe une école française du Rebozo dispensant des formations certifiantes sur cette pratique.

Dans certaines maternités, des sages-femmes sont formées et le proposent aux mères ayant donné naissance. Sinon, il existe des centres de massage proposant ce rituel, parfois à domicile sinon dans leur cabinet.

À Paris, voici différentes adresses de massage rebozo :

  • Les Amazones Parisiennes (17e) ;
  • Chez Bloom (11e) ;
  • Les Jardins Suspendus (9e, 11e, Boulogne) ;
  • Maison Né (12e).

Vous pouvez vous tourner vers le réseau de doulas de votre région, beaucoup sont formées ou informées des contacts proposant le rituel rebozo.

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