Quels sont les risques en cas de placenta praevia ?

Par Armelle Fruchard | Mise à jour le 1 décembre 2023

Saviez-vous qu’en plus de créer un petit être pendant la grossesse, vous créez aussi un organe entièrement nouveau, le placenta ? Ce dernier joue un rôle primordial, assurant l’apport de tous les éléments essentiels au développement de votre bébé. Toutefois, des complications peuvent survenir si le placenta ne se place pas correctement, un phénomène connu sous le nom de placenta praevia. Quels sont les risques associés au placenta praevia ? Quelles sont les recommandations ? Réponses !

Qu’est-ce qu’un placenta praevia ? 

Le placenta praevia est une complication de grossesse caractérisée par un mauvais positionnement du placenta. Normalement, le placenta se développe au fond de l’utérus ou sur ses côtés, mais dans le cas du placenta praevia, il est implanté dans la partie basse de l’utérus, recouvrant entièrement ou partiellement le col de l’utérus. On parle de placenta praevia antérieur. 

Cette anomalie de grossesse a différentes classifications, selon la proximité du placenta avec le col : 

  • Placenta praevia complet/total : le placenta recouvre entièrement le col de l’utérus.
  • Placenta praevia partiel : il recouvre partiellement l’ouverture du col.
  • Placenta praevia marginal : quand un des bords du placenta est à moins de 2 cm du col de l’utérus.

Lorsque le placenta praevia est diagnostiqué en début de grossesse, il ne pose pas toujours problème, car il est fréquent qu’il se repositionne naturellement au cours de la grossesse. Néanmoins, cela requiert une attention particulière pour surveiller l’évolution de sa position.

Quels sont les symptômes d’un placenta praevia ? 

Le symptôme principal du placenta praevia est un saignement rouge vif et indolore, qui se manifeste généralement après la 20ème semaine de grossesse. Ce phénomène, connu sous le nom de métrorragies, résulte de l’amincissement de la partie inférieure de l’utérus en préparation à la naissance. Cette modification du col peut perturber l’adhérence du placenta et des vaisseaux sanguins placentaires et entraîner des saignements. 

Quels sont les risques en cas de placenta praevia ? 

Le principal risque lié au placenta praevia est l’hémorragie. Elle peut varier en quantité ainsi qu’être intermittente ou continue. Cette hémorragie peut être mortelle, car l’amincissement et l’ouverture du col de l’utérus en préparation à l’accouchement peuvent endommager les attaches du placenta à l’utérus, et provoquer d’importants saignements. 

Du côté maternel, le risque est donc une importante hémorragie avant ou pendant le travail. Quant aux risques fœtaux, ils incluent l’hypoxie, c’est-à-dire un manque d’oxygène résultant d’une alimentation sanguine insuffisante, ainsi que la possibilité d’un accouchement prématuré ou encore un retard de croissance.

Depuis le recours très fréquent à la césarienne, le taux de mortalité en cas de placenta praevia a quasi disparu dans les pays développés. 

Le placenta praevia est également associé à un risque accru de placenta accreta (attaché au muscle utérin), en particulier chez les femmes ayant déjà subi une césarienne. Dans ce cas, le risque d’hémorragie est augmenté. 

Il est important de noter que dans plus de 90 % des cas, le placenta praevia diagnostiqué au deuxième trimestre se corrige de lui-même à terme. 

Quelle est la prise en charge en cas de placenta praevia ? 

La prise en charge du placenta praevia varie selon la gravité de la situation. En l’absence de saignements, la recommandation est du repos et de limiter au maximum les activités physiques (notamment les rapports sexuels et les trajets en voiture). Si des saignements modérés voire importants sont observés, une hospitalisation peut être nécessaire jusqu’à l’accouchement. 

J’ai été diagnostiquée avec un placenta praevia totalement recouvrant à 14 semaines de grossesse. J’ai dû rester alitée pendant six semaines et arrêter mon travail. J’ai eu des saignements réguliers et quotidiens. Le repos a porté ses fruits. Après six semaines, tout est revenu à la normale et le placenta est remonté progressivement. 

Le traitement du placenta praevia vise à prévenir la naissance prématurée et à limiter les saignements maternels. En l’absence de saignements et sans contractions, un accouchement peut être induit à partir de la 36-37SA. 

Toutefois, en cas de poursuite des saignements, d’anomalies du rythme cardiaque fœtal ou de baisse de tension significative chez la mère, une césarienne est pratiquée. Si la naissance doit se faire avant terme, des corticostéroïdes sont administrés pour accélérer la maturité des poumons. 

Si votre placenta demeure en position praevia jusqu’à la fin de votre grossesse, il est fortement probable que l’accouchement se fasse par césarienne. Cette précaution est prise car, lors d’un accouchement vaginal, les contractions pourraient provoquer le détachement du placenta, entraînant des saignements potentiellement mortels pour la mère et un brusque déficit en oxygène pour le bébé.

Le placenta prævia donne-t-il toujours lieu à une césarienne ?

Un placenta praevia ne mène pas systématiquement à une césarienne. Si le placenta n’est pas recouvrant et se situe à une distance supérieure à environ 1,5 cm de l’entrée du col de l’utérus, un accouchement vaginal peut être envisagé. Néanmoins, en présence de complications affectant le fœtus ou la mère, une césarienne est souvent programmée à partir de la 36ème semaine de grossesse.

Voici certains cas où une césarienne d’urgence est nécessaire :

  • Persistance des saignements vaginaux même en cas de repos.
  • Rupture de la poche des eaux.
  • Si la vie du fœtus ou de la mère est menacée.

Quelles sont les conséquences d’un placenta praevia sur l’accouchement ? 

Les conséquences d’un placenta praevia sur l’accouchement varient en fonction de sa position et de l’état de la mère et du fœtus. En cas de placenta praevia non couvrant, la rupture de la poche des eaux peut permettre d’éviter le risque de saignements et d’induire une progression normale du travail jusqu’à l’accouchement. 

En revanche, un placenta praevia couvrant nécessite généralement une césarienne programmée. En effet, les contractions pourraient le décoller et provoquer une hémorragie interne. Dans ce cas, les échographies sont essentielles pour surveiller la position du placenta et du fœtus et ainsi déterminer la méthode d’accouchement la plus sûre.

J’ai accouché il y a trois mois par césarienne à cause d’un placenta praevia total. Pendant ma grossesse, cela avait été diagnostiqué mais je n’ai eu aucun saignement. J’ai travaillé jusqu’à la fin mais en faisant attention. Mais j’étais interdite de rapports sexuels. 

Pour gérer un placenta praevia, des corticostéroïdes peuvent être administrés pour favoriser le développement pulmonaire du bébé, surtout si l’accouchement est prévu avant 37 semaines. En cas de saignements plus importants, des transfusions sanguines et des liquides intraveineux peuvent être nécessaires. 

Quels sont les symptômes d’un placenta praevia ? 

Les symptômes d’un placenta praevia incluent principalement des saignements survenant après la 20ème semaine de grossesse. Ils sont généralement de couleur rouge vif. Ils peuvent disparaître temporairement avant de réapparaître et sont souvent intermittents. Certaines futures mamans ne ressentent aucune douleur associée à ces saignements, tandis que d’autres peuvent éprouver des contractions utérines douloureuses, des douleurs abdominales ou des maux de dos.

Le placenta praevia peut être identifié lors d’échographies prénatales mais ce n’est pas toujours le cas. Il est donc primordial de rester attentive à toute douleur ou saignement, même léger, durant la grossesse. Si cela vous arrive, consultez immédiatement un professionnel de santé.

Mes saignements ont commencé à la 27ème semaine, alors que je n’avais eu aucun problème au début. Un jour, je me suis réveillée couverte de sang, terrifiée, je me suis précipitée à l’hôpital. Après une échographie, on m’a diagnostiqué un placenta praevia et j’ai dû rester alitée. J’ai accouché par césarienne programmée à 37 semaines. 

Un placenta praevia recouvrant peut-il remonter ?

Oui, il est tout à fait possible qu’un placenta initialement bas remonte, c’est d’ailleurs la majorité des situations. L’augmentation de la taille de l’utérus au cours de la grossesse permet souvent au placenta de migrer vers le haut. On considère qu’environ 90% des placentas diagnostiqués comme praevias ne restent pas en position basse jusqu’à l’accouchement (source).

En revanche, si lors de cette échographie du troisième trimestre, le placenta continue de recouvrir entièrement le col de l’utérus, il y a de fortes chances qu’il demeure en cette position jusqu’à l’accouchement. 

Mon placenta a commencé à remonter entre la 32ème et la 35ème semaine de grossesse. Lorsque je suis retournée voir mon gynécologue à la 35ème semaine, il a tout vérifié de nouveau. Finalement, mon placenta était remonté légèrement et j’ai pu accoucher par voie basse (mais sous une surveillance très rigoureuse). 

Quelles sont les causes d’un placenta praevia ? 

Les causes du placenta praevia comprennent plusieurs facteurs de risque, bien que la raison exacte de cette anomalie de grossesse ne soit pas toujours claire. Parmi les principaux facteurs associés à un risque accru de placenta praevia, on trouve :

  • Grossesses multiples : la présence de plusieurs fœtus, comme dans les cas de grossesses gémellaires, peut augmenter le risque de placenta praevia.
  • Antécédents de césarienne ou de chirurgie utérine : les femmes ayant subi une césarienne, un avortement (induit ou spontané), ou une autre intervention chirurgicale utérine sont plus susceptibles de développer un placenta praevia. Cela pourrait être lié à une vascularisation insuffisante de l’endomètre due à des lésions antérieures.
  • Âge maternel : les mamans âgées de 35 ans ou plus présentent davantage de risques.
  • Tabagisme
  • Anomalies de l’utérus (comme les fibromes utérins).
  • Multiparité : les femmes ayant eu plusieurs grossesses présentent un risque plus élevé.

Il est important de préciser que les éléments mentionnés précédemment sont des facteurs de risque et ne prédisent pas nécessairement le développement d’un placenta praevia. De même, retenez qu’un placenta situé bas en début ou milieu de grossesse a de fortes chances de remonter avec le temps. Toute interrogation, douleur ou saignement survenant durant la grossesse doit faire l’objet d’une consultation médicale. 

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